Dr. Valentin Zahrnt

Ni Nirvana, ni gourou, juste nous

Dans un article précédent, j’ai exposé le rôle que joue pour moi Siddhartha Gautama, le « Buddha », en tant qu’enseignant de l’humanité. Je précise ici ce dont je me démarque explicitement : la métaphysique et l’autorité du gourou.

1. La métaphysique bouddhiste

De nombreuses écoles du bouddhisme, en particulier le bouddhisme tibétain, reposent sur une structure métaphysique élaborée.

Le monde est considéré comme une illusion de l’esprit. L’esprit lui-même est conçu comme non-né et immortel. Sa nature serait pure, illimitée et intemporelle, tandis que les traits personnels et les souvenirs ne constitueraient que les couches superficielles du flux de conscience. Après la mort, la conscience traverserait des états intermédiaires avant de se réincarner, selon le degré d’attachement et la nature du karma. Les intentions bienveillantes d’autrui, comme la Metta, le Tonglen ou les bénédictions, seraient susceptibles d’influencer positivement notre propre karma. Celui qui dépasse entièrement l’attachement et l’ignorance quitterait le cycle des renaissances pour demeurer dans le Nirvana. À cela s’ajoutent différents royaumes d’existence, supérieurs et inférieurs, ainsi que six formes d’être dans lesquelles il serait possible de renaître. L’existence humaine y est considérée comme particulièrement précieuse, car elle associe souffrance et capacité de réflexion.

On peut porter un regard critique sur cette métaphysique tout en reconnaissant sa remarquable utilité fonctionnelle.

Celui qui croit que sa souffrance résulte de ses propres actes la supportera peut-être avec davantage d’équanimité et cherchera sincèrement à agir plus justement à l’avenir. Celui qui considère la vie humaine comme une occasion rare et précieuse, et qui craint une renaissance défavorable, consacrera probablement sa vie avec plus de détermination à l’éveil. Celui qui pense que ses actes ont des conséquences au-delà de cette existence agira en conséquence. Celui qui croit pouvoir aider autrui directement par ses pensées bienveillantes développera plus facilement l’amour et la générosité. Et celui qui imagine que chaque être vivant a pu, dans une vie antérieure, être sa propre mère, cultivera plus naturellement un profond sentiment de connexion.

Je suis personnellement agnostique. Je ne crois pas que nous puissions savoir ce qui existe au-delà du monde que nous pouvons expérimenter. Et je ne crois pas qu’il faille des présupposés métaphysiques pour développer un esprit clair, éveillé et bienveillant.

2. Le rôle du gourou dans les traditions bouddhistes

Dans le bouddhisme tibétain notamment, le Vajrayana ou « Voie du Diamant », le gourou occupe une place centrale. Le maître y est considéré comme l’incarnation de la nature de Buddha, comme l’intermédiaire spirituel par lequel l’éveil devient possible.

Comme la métaphysique, cette structure présente certains avantages. La soumission à une autorité peut renforcer la discipline, aider l’esprit à sortir de ses schémas habituels et procurer un sentiment d’orientation spirituelle.

Mais, premièrement, l’abandon de son propre jugement comporte un risque considérable d’abus de pouvoir, qui survient malheureusement aussi dans les contextes bouddhistes.

Deuxièmement, cette idée elle-même m’est étrangère. Je souhaite précisément l’inverse : que les personnes deviennent, grâce au mindtraining, plus autonomes dans leur pensée et leur action, plus libres vis-à-vis des autorités et de la pression du groupe.

Troisièmement, je ne vois pas comment la soumission à une autorité pourrait conduire à une sagesse profonde. La maturité spirituelle naît selon moi de la confrontation directe avec les conditions existentielles de notre vie, jusqu’à la mortalité elle-même, sans autorité jouant le rôle de substitut parental.

Telle est ma position, non parce que je la considère comme exceptionnelle, mais parce que méditation et bouddhisme sont souvent confondus. Cela pourrait attirer vers moi des personnes à la recherche d’autre chose que ce que j’ai à offrir, mais aussi détourner à tort des personnes pour lesquelles mon approche pourrait être pertinente.

L’adéquation des attentes est d’autant plus importante que le travail sur la conscience dépasse une simple technique neutre, comme la posture correcte, la respiration ou la fréquence idéale de méditation. Ce travail est existentiel, car il tourne autour d’une question centrale : qui est-ce que je veux être et quelle vie est-ce que je veux mener ?

Ainsi, la pleine conscience et la méditation signifient pour moi une transformation pragmatique de notre rapport à l’esprit, intégrant les techniques et les expériences accumulées par les traditions bouddhistes au cours de deux mille cinq cents ans, mais dans une totale liberté intérieure, sans autorités spirituelles.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur la page Méditation et pleine conscience.

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Durch Valentins Hilfe habe ich den Zugang zu meinen Emotionen gefunden und gelernt, wie wichtig Meditation ist, um runterzukommen. Er hat mir gezeigt, wie ich meine Ängste hinterfrage und anderen wirklich zuhöre. Eine wertvolle Erfahrung, die ich jedem empfehle.

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Christoph Borer

Start-up Manager

Ich hatte einige Monate lang sehr nützliche Sitzungen. Valentin war sehr hilfreich dabei, die Ursachen meiner psychischen Probleme zu identifizieren und mir Werkzeuge an die Hand zu geben, um damit umzugehen.

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Victor Luca

IT Specialist

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Roselyne Titaud

Künstlerin