Dr. Valentin Zahrnt
Comme dans l’état de flow, on perd souvent la notion du temps en hypnose et l’on peut faire l’expérience d’une profonde harmonie intérieure. Les anciennes structures deviennent plus fluides, tandis qu’une nouvelle compréhension de ses propres possibilités commence à émerger. Dans le cadre de notre travail, l’hypnose peut ainsi constituer un outil particulièrement utile contre le stress, l’anxiété et d’autres défis.
Le pendule est devenu le symbole classique de l’hypnose. Dans mon travail, je ne l’utilise pas, car il est fortement associé aux clichés du cinéma et de l’hypnose de spectacle. L’hypnose ne représente pas pour moi un état magique, mais une performance consciente du client, que j’accompagne par la parole, le calme et la présence.
Pour l’induction, nous utilisons notamment la concentration sur les sensations corporelles, le retrait progressif des stimuli extérieurs, l’orientation de l’attention et l’immersion dans des images intérieures vivantes. En parallèle, vous apprenez à percevoir vos pensées avec davantage de conscience et à orienter votre attention plus intentionnellement, également en dehors de l’hypnose.
Aucune technique ne fonctionne de manière identique pour tout le monde, et cela vaut aussi pour l’hypnose. Certaines personnes atteignent difficilement cet état, d’autres ont besoin d’un certain temps avant de pouvoir l’utiliser pleinement à leur avantage. Heureusement, la grande majorité des personnes est capable d’atteindre un état hypnotique thérapeutiquement utile.
La motivation, la confiance, la capacité de concentration, l’imagination et l’ouverture à l’expérience sont ici des ressources précieuses. Il serait donc faux de croire que seules des « personnalités faibles » seraient facilement hypnotisables. Au contraire : la force intérieure et la volonté peuvent devenir des ressources particulièrement utiles dans le travail hypnotique.
Chaque personne vit l’hypnose différemment, et l’expérience peut varier sensiblement d’une séance à l’autre.
Typiquement, l’attention se tourne davantage vers l’intérieur, les stimuli extérieurs deviennent moins présents, la perception du corps gagne en intensité et la perception du temps se modifie. L’activité mentale devient souvent plus associative, imagée et émotionnellement significative, tandis que les pensées habituelles du quotidien passent à l’arrière-plan. En dehors du travail sur des contenus douloureux, beaucoup décrivent également un sentiment d’espace intérieur, de liberté et de calme profond.
L’hypnose est aussi sûre que les autres techniques de relaxation. Le client conserve à tout moment le contrôle, peut refuser des suggestions ou interrompre l’état hypnotique de lui-même. Mon rôle consiste à accompagner l’utilisation ciblée et constructive de cet état de conscience particulier.
L’hypnose est utilisée depuis des millénaires et son efficacité est aujourd’hui largement étudiée scientifiquement. De nombreuses recherches montrent son utilité en psychothérapie, en médecine et même dans le sport de haut niveau. Les méthodes modernes d’imagerie cérébrale permettent désormais d’observer directement certaines modifications de l’activité cérébrale pendant l’hypnose.
En hypnose, nous apprenons à renforcer activement le système nerveux parasympathique et à stabiliser la synchronisation entre respiration et rythme cardiaque. Nous développons également un accès conscient à cet état de calme. Une ancre personnelle, un mot, un geste ou une sensation particulière, peut être associée à cet état de détente profonde et réactivée plus tard dans la vie quotidienne.
L’hypnose se prête particulièrement bien à une désensibilisation progressive. Les situations génératrices d’anxiété sont d’abord imaginées sous une forme légère, puis intensifiées progressivement. Le système nerveux apprend ainsi à s’habituer aux stimuli anxiogènes et développe davantage de confiance dans sa propre capacité d’autorégulation.
L’exposition imaginaire permet également de modifier progressivement les associations automatiques liées à certains déclencheurs. Grâce aux techniques de « future pacing », des comportements souhaités peuvent être mentalement entraînés pour des situations futures concrètes. Nous faisons souvent appel à des ressources déjà présentes chez la personne, mais difficilement accessibles dans l’état ordinaire de conscience.
Sur le plan cognitif, l’hypnose peut aider à désamorcer certaines pensées anxieuses ou catastrophisantes et à favoriser des évaluations plus réalistes et plus sereines. L’attention, l’interprétation des situations et le dialogue intérieur se modifient progressivement, un processus qui continue ensuite également en dehors de la transe.
En hypnose, l’anxiété peut symboliquement « prendre la parole », afin que son intention protectrice originelle soit comprise. Grâce à un travail attentif sur les différentes parts intérieures, nous reconnaissons leur fonction positive tout en aidant le système nerveux à comprendre que certaines réactions automatiques ne sont plus nécessaires aujourd’hui. Cela ouvre un espace pour des réactions plus libres et plus flexibles.
Un avantage particulier de l’hypnose réside dans le dosage fin du contact avec des expériences passées douloureuses ou anxiogènes. Dans un sentiment de sécurité et de stabilité intérieure, un accès progressif peut s’établir sans sensation de débordement. Cela permet non seulement une désensibilisation naturelle, mais aussi des expériences émotionnelles correctrices, par exemple ressentir pleinement une peur autrefois refoulée ou développer intérieurement une nouvelle capacité d’affirmation face à des expériences anciennes.
L’inconscient peut parfois indiquer de nouvelles voies hors de l’anxiété. Les clients puisent alors dans leur savoir implicite pour développer des étapes concrètes et applicables au quotidien, depuis de nouveaux schémas de réaction dans des situations stressantes jusqu’à de petits actes symboliques renforçant la confiance dans leur propre capacité d’action.
Au fond, notre travail commun vise toujours à renforcer les ressources déjà présentes chez la personne elle-même.